20 août 2009

A little bit queer on the side (1) : "The Living End" by Greg Araki

<<Si vous aussi vous pissez sur Brokeback Mountain, souvenez vous qu'il y'a eu une révolution>>

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En 1992, Greg Araki s'affirme en porte etandard d'un certain cinéma gay underground, déstiné à s'affranchir de l'image très policée et angélique qui envahit les écrans, pour montrer une facette de l'homosexualité plus trash, moins confortable et plaisante pour la population de l'époque mais jamais dénué d'une certaine finesse. C'est avec ce film, "The Living End" qu'Araki commence à acquérir la notoriété qu'il n'aura de cesse d'étendre par la suite.
Jon est un critique cinéma qui vit sa petite vie tranquille, sans histoire, jusqu'au jour où il apprends qu'il est séropositif; tout son petit monde douillet s'écroule et Jon fait la rencontre de Luke, un auto-stoppeur paumé, prostitué et séropositif lui aussi. Luke est son exact opposé, imprévisible, anarchique, avec des idées se rapprochant d'une certaine liberté punk, et qui plus est celui ci est en fuite après avoir abbatu 3 hommes qui cherchaient à l'agresser. Les voilà embarqué tous les deux dans un road movie rock'n roll, dans lequel l'amour et la mort s'adonnent à un balet explosif.
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Il fallait un culot monstrueux et une bonne dose de courage pour exprimer une vision de l'homosexualité aussi libertaire que celle ci et qui plus est une image du SIDA sous cette forme... car loin de s'abandonner à la dramatisation, Greg Araki préfère exprimer les mêmes craintes que d'autres, les mêmes soucis et les mêmes thèmes mais d'une manière différente, sans sombrer dans le dépressif minant.
Car The Living End, malgré son coté destroy, est empreint d'une très grande tendresse envers l'histoire d'amour de ses deux personnages, qui trouvent une raison de vivre malgré la menace constante de la maladie. Quand on a plus rien à perdre, ne serait-on pas plus libre que jamais ?
Comme toujours, Greg Araki parsème son film de référence diverses, notamment "pop" puisque la pop culture et la pop music ont toujours joué un rôle très grand dans chacun de ses films; on peut donc voir une affiche de Warhol, des Smith, Morrissey sur le T-Shirt de Jon... et une réfèrence à Derek Jarman (autre cinéaste underground gay qui sera évoqué pleinement en temps voulu).
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Idem du coté de la B.O, à chaque fois absolument fabuleuse (Araki etant surement le réalisateur qui doit avoir les B.O les plus parfaites) où se mèlent Psychic TV, Coil ou Chris & Cosey, ce qui est assez rare pour le souligner.
Araki mèle habilement espoir et nihilisme, joie et tragédie, trash et poésie... d'aucun pourrait être rebuté par certaines scènes jugées trop "choquantes", trop trash, certains ont même pû y voir de la gratuité ou le comparer à un Larry Clark et ceux là sont passé à coté du propos : comparé à un Larry Clark, Araki ne donne pas dans la surenchère vulgaire, sont but est de remuer un peu le consensus mou qui est en train de se former autour de l'homosexualité, d'en donner une image moins niaise et moins fausse, mais Araki parvient toujours à conserver une certaine retenu qui lui évite de sombrer dans la putasserie la plus totale, et réussit à transmettre une poésie brutale à certains plans (la symbolique phallique du révolver), et c'est en cela que Gref Araki se pose en leader contestataire, chef de file (avec d'autres) d'un mouvement underground gay qui refuse qu'on l'associe à des clichés dégradant ou à une image trop proprette, un mouvement qui dit "merde" à une société hypocrite, proche en cela d'une certaine mouvance homo-punk.

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